Eros transfiguré

Éditions du Cerf, 2007.

La pensée de Grégoire de Nysse est un hellénisme transfiguré par la révélation biblique, un hellénisme faisant accueil en son sein à l'Autre de l'hellénisme : c'est l'Autre dans le Même ou le Judaïsme dans l'hellénisme. Repérant deux dimensions essentielles dans la pensée de Grégoire, la séparation radicale et absolue du créé et de l'incréé et le changement comme trait distinctif et constitutif du créé, Alain Durel tente d'exposer de cette pensée ce que nous en saisissons comme philosophie de l'image, du devenir et du désir, philosophie du langage, enfin, où adviennent de véritables métamorphoses de l'ontologie. La théologie mystique de Grégoire de Nysse plonge ses racines dans le judaïsme (la haggada revisitée par Philon) et étend son feuillage ombragé jusqu'aux ermitages enneigés de la sainte Russie comme sur les pentes arides du mont Carmel. Elle pourrait faire luire notre obscurité postmoderne, et la faire luire de sa propre ténèbre lumineuse. La " mort de Dieu " est peut-être une Révélation, la Révélation du Dieu incompréhensible comme l'amour. 

Acheter en ligne : Eros transfiguré : Variations sur Grégoire de Nysse

Avec Michel Cazenave, sur France culture.
Article de Mariette Canévet

Quelques remarques sur la critique de Madame Canévet, une des plus éminentes spécialistes de Grégoire de Nysse : Je ne m'attarderai pas sur les éloges, mais plutôt sur ce qui, dans ses remarques, me pose problème. Madame Canévet me reproche de projeter sur Grégoire Nysse la distinction essence/énergie parce que, dit-elle, elle n'est pas "usuelle en Occident". Je ne vois pas en quoi le fait que l'Occident n'aie pas connu cette distinction constituerait un argument valide contre ma thèse. De plus, elle estime - et c'est son droit - que cette distinction n'est pas chez Grégoire, mais sans argumenter non plus à ce sujet. Mon travail consiste justement à le démontrer. Il suit en cela les recherches de Jean Daniélou qui partage la même opinion que moi à ce sujet. Concernant la traduction, Madame Canévet commet un contresens presque comique puisqu'elle me reproche d'être l'auteur des "poteaux indicateurs" alors qu'il s'agit précisément d'une traduction de Jean Daniélou ! Concernant, les références, l'auteure de la critique n'a peut-être pas été assez attentive, mais elles y sont bien. "Rien n'est dit du rôle du langage symbolique" ? Un chapitre entier lui est consacré. "Ni du statut du langage bible" : c'est le sujet d'une partie entière du livre. Peut-être que Madame Canévet, frustrée de ne pas voir son nom figurer dans la bibliographie (un oubli, certes, fâcheux), n'a parcouru que hâtivement mon livre. Je ne lui en veux pas et la remercie encore de son appréciation élogieuse de ce "dialogue de qualité".