Dostoïevski amoureux

L’œuvre éditions, 2013.

Nous sommes en 1918. Les bolcheviks ont pris le pouvoir et la guerre civile fait rage en Russie. Pendant que, dehors, les passions sanguinaires se déchaînent, deux vieilles dames parlent autour d’une tasse de thé. La première, follement excentrique, fut la maîtresse de Dostoïevski. La seconde, plutôt austère, a été sa femme. Laquelle des deux le grand Fédor a-t-il aimée le plus ? La cruelle Apollinaria ou la fidèle Anna ? L’une comme l’autre savent que le jeu de la vérité peut tuer. La vie amoureuse tourmentée de Dostoïevski trouve un écho dans ses grands romans. Mais ici, c’est lui le personnage central. Dostoïevski amoureux est une symphonie du désir en trois mouvements : Apollinaria Souslova la fougueuse maîtresse, Anna Grigorievna l’épouse dévouée, et Les confessions d’un amant russe, celles du grand romancier.

Dostoïevski amoureux dans la prestigieuse revue "Etudes" n°419

http://www.cairn.info/revue-etudes-2013-10-page-407.htm

Alain Durel, Dostoïevski amoureux, Éditions de l’œuvre, 245 p, 20 €

"La tonalité romanesque de cette biographie authentique nous dévoile les conceptions du grand écrivain sur l’amour durant sa période de fécondité littéraire. L’auteur imagine l’évocation de souvenirs lors d’une conversation à Yalta, vers 1918, entre la flamboyante maîtresse Apollinaria et l’épouse admirable Anne. Contraint de rester en Sibérie après l’épreuve du bagne, Dostoïevski s’éprend d’une jeune femme intelligente dont la fragilité lui rappelle sa mère. Les déceptions sentimentales succèdent aux joies du mariage, car les récriminations de Maria contre la précarité persistent malgré le retour en Russie et le succès de la publication de Souvenirs de la maison des morts. La pitié et la tendresse ne suffisent pas à retourner une entente physique fuyante. Sa sexualité débordante pousse Dostoïevski dans les bras d’Apollinaria, nihiliste experte en érotisme, tandis que Maria se meurt de phtisie. Ce sont trois années de folle passion, entre relations charnelles exacerbées par la jalousie et tentation de la roulette. Au moment de la rédaction du premier de ses cinq grands romans, Crime et Châtiment, Dostoïevski décide d’embaucher une sténographe qui se révèle une excellente collaboratrice. Quelques mois plus tard, le fin psychologue de 45 ans épouse la jeune fille de 20 ans qui lui donnera quatre enfants, dont deux mourront en bas âge. Durant un long tour d’Europe où l’écrivain engrange images et thèmes de romans, Anna parvient à le guérir de sa manie du jeu avec une habileté surprenante. Comprenant sa quête d’harmonie sexuelle et d’émotions spirituelles, elle lui procure un épanouissement familial dans une ambiance d’entente physique et de communion sentimentale. C’est un « ange gardien » qui gère la totalité de sa maison et lui permet de se consacrer à son œuvre. Le jour de sa mort, Dostoïevski remercie sa femme « de la vie heureuse qu’il a passée à ses côtés ».

Jean Duporté

 

Sur RADIO NOTRE DAME, dans l'émission "Et Dieu dans tout ça ?" avec James Combépine les 6 et 7  septembre 2013 respectivement à 21h et 8h03, et les 20 et 21 septembre (mêmes horaires).

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LA CROIX, samedi 25 mai 2013.
Magazine LIRE, numéro de Mai (trois pleines pages d'extraits suivent).